Devenir châtelain, entre rêve et désillusion : l'exemple de Saint-Martory en Haute-Garonne

Le château de Saint-Elix, au sud de Toulouse, a enfin trouvé preneur lors d'une seconde vente aux enchères. À quelques kilomètre de là, le propriétaire du château de Saint-Martory témoigne de ce qu'est la vie de châtelain.

Jean-François Delort est propriétaire du château de Saint-Martory (Haute-Garonne). Il en a hérité de son père qui l'a acheté dans les années 1990. "Un château est un bien qui coûte très cher en entretien, en gestion, et pas seulement en argent, mais en travail aussi, on donne de sa personne!

C'était un rêve d'enfance pour son père, mais ce rêve n'est pas viable économiquement. "Sur la route des vacances en Ariège, quand il était petit, il voyait ce château, raconte-t-il. Mon père se disait qu'un jour il l'achèterait. Il l'a fait plusieurs années plus tard, mais c'était une ruine.

Le travail de plusieurs générations

Jean-François Delort reprend la gestion il y a 22 ans, et même si les rénovations avaient commencé avant, c'est un labeur sans fin : "J'en ai encore pour de nombreuses années, mais j'y vais pas à pas, pour essayer de ne pas me tromper." 

Pour lui, gérer un château ne s'improvise pas, la clé est un bon modèle économique. Un jou,r le châtelain compte bien léguer à ses enfants un lieu économiquement viable et même rentable. "La récompense, c'est ce lieu incroyable : c'est le château de la Belle aux bois dormant", contemple-t-il. 

Un lieu qui attire beaucoup de Français et d'étrangers comme Tom. Cet écossais a choisi Saint-Martory pour célébrer son mariage : "Ce style de château est très similaire à beaucoup de châteaux de la même époque en Écosse, c'est ce côté celtique qui m'a attiré, et puis ici vous avez une meilleure météo". 

Avec ses 1.200 mètres carrés et ses 11 chambres, le château peut être privatisé pour un mariage, mais aussi pour des séminaires. Comptez au moins 2.600 euros la nuit.

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